Charlotte Callens (Née à Mouscron, Belgique, 9 juin 1957).

Charlotte Callens.jpgEcole des Beaux-Arts de Wavre (Belgique), 1991-1998.

Depuis 2001, travaille et expose en France (Bassin lémanique) et en Suisse voisine (Genève, Lausanne).

“Charlotte Callens qui opte d’emblée pour une peinture abstraite au lyrisme discret et méditatif, qui s’apparente à “la peinture de champ” chère à Rothko. De grands plans de couleur rectangulaires et oblongs, subtilement modulés et puissamment architecturés, laissent parler la magie des pigments et des supports les plus variés sur lesquels ils sont posés avec la plus fine sensibilité.”

Extrait du livre: XXe siècle, l’Art en Wallonie (sous la direction de Serge Goyens de Heush, P.195 ; la Renaissance du Livre).

atelier nov-2015 (2).JPGBonheur de peindre…

J’aborde la toile comme un espace où peu à peu la vie s’installe. Le travail se cherche à travers la matière, la couleur et la forme.

Le fond est travaillé à plat en créant des étendues où la matière et la couleur rythment l’espace, donnent au tableau sa chair. Tantôt lisse, rugueuse, biscuitée, veloutée…

La peinture, médium solide ou liquide, est versée sur la toile. La représentation des choses est volontairement écartée pour élargir le champ des possibles et pour permettre de mieux voyager dans la toile et libérer la main et la tête.

SONY DSCBrosse-spatule- chiffon- papier journal…me permettent de travailler une texture par couches superposées.   Recouvrir, éponger, tamponner, poser, racler, enlever, tracer, effacer, absorber, gratter… transposer des traces avec des gestes simples, lents-doux-rapides-forts.   Le fait d’enlever la matière active l’imagination et guide mon regard vers d’autres structures possibles, permettant ainsi l’avancée de la toile. La texture se définit.

… A travers le fond arrive la forme …

Je vis la peinture par des gestes à la fois simples et contradictoires qui amènent l’espace à son émergence. Interaction de la tête et de la main. Une sorte de va-et-vient où s’installe une « non-conscience ». Mon travail avance dans le déséquilibre en se faisant et se défaisant, par tâtonnements, dans la construction et la déconstruction.

… A un moment, l’espace résonne avec l’instant …

Il y a une sorte d’équilibre, de paix, de cohérence avec l’instant présent. La toile respire et porte son réel potentiel. Elle me semble achevée et porte son envolée. Mais devenue autonome elle n’existera aussi que sous le regard d’une tierce personne qui captera peut-être une étrangeté, un éveil… Mystère des échanges, des énergies…

… Bonheur du peintre.