A propos…

Née à Mouscron, en Belgique,  le 9 juin 1957, Charlotte Callens y passe sa jeunesse, avant de s’installer à Bruxelles. Elle s’inscrit en 1991 à l’Ecole des Beaux-Arts de Wavre, dans le Brabant wallon.

Pour l’historien d’art, Serge Goyens de Heusch, auteur de nombreuses monographies consacrées à des artistes belges, Charlotte Callens « opte d’emblée pour une peinture abstraite au lyrisme discret et méditatif, qui s’apparente à la peinture du champ chère à Rothko. De grands plans de couleur rectangulaires et oblongs, subtilement modulés et puissamment architecturés, laissant parler par la magie des pigments et  des supports les plus variés sur lesquels ils sont posés avec la plus fine sensibilité ».[1]

En 2001, elle s’installe en France au pied du Jura. Si d’aucuns retrouvent dans son œuvre abstraite les couleurs, les formes et les espaces caractéristiques de son pays natal[2]. Elle n’est cependant pas insensible à la sérénité des eaux douces du Lac Léman et à la découverte des paysages changeants des montagnes qui le bordent.  Mais l’œuvre se veut aussi aventure intérieure, méditative et expressive, laissant à l’observateur un goût énigmatique, voire insaisissable « comme autant d’invitations à un de ces voyages immobiles qui emmènent si loin »[3].

Depuis 2013, elle vit en Haute-Savoie et y poursuit son travail. Un travail qui au fil des années, des rencontres, des déplacements, des expériences et des méditations s’inscrit dans la durée et la cohérence.  Chez Charlotte Callens, note Michel Aebischer, dans le Journal de la Société suisse des Beaux-Arts, « se voit la résistance aux fuyantes modes éphémères, à la vacuité d’images aussi vite oubliées que vues. Ici, le réel résiste »[4].

« Avec doigté et savoir-faire, Charlotte Callens crée ainsi sa propre démarche. Dans les œuvres comportant des géométrismes, les intervalles de couleur, pigmentés, se juxtaposent, se touchent avec douceur, s’interpénètrent ou se superposent, étalant avec finesse et poésie les gris nuancés, enrichis de rosés et de blancs teintés, les bruns de terres, dépouillés, rappelant les brumes lointaines du pays de ses origines et les vents qui craquent… Et là aussi le regard, happé par la vibration de la couleur, par sa matérialité, se perd dans l’immensité, s’accroche aux subtils et multiples dégradés modulant la surface et au final,  apprivoisé, séduit, capturé, est attiré vers l’essence même de l’œuvre… Un étonnant voyage au cœur de la puissance émotionnelle de la couleur et de la peinture !  »[5]

[1] Serge Goyens de Heusch Extrait du livre « XXe siècle, l’Art en Wallonie », la Renaissance du Livre, 2001.

[2] Les 24 Heures de Lausanne, 1 février 2006.

[3] Le Dauphiné Libéré, 27 février 2004.

[4] Revue Pulsart, mai 2010.

[5] Danielle Junod-Sugnaux, Dr ès lettres, Historienne de l’art, Chavannes-des-Bois, le 04 janvier 2017.