Le Dauphiné libéré 27/06/2004Les gens (Le Dauphiné libéré, 27 juin 2004).

L’artiste a accroché treize toiles aux murs de l’aubergede Clermont, comme autant d’invitations à un de ces voyages immobiles qui emmènent si loin.
A découvrir jusqu’au 11 juillet.

Charlotte Callens, peintre de l’essentiel
“Je voyage beaucoup dans ce que je fais, d’autant qu’au départ je ne sais pas où je veux aller. Je pars à l’intuition. Puis je développe” explique l’artiste peintre Charlotte Callens. Un développement qui peut durer longtemps, avec des abandons, des attentes, des reprises, une somme d’aller et retour qui créent le voyage. Chaque oeuvre est un saut dans l’inconnu, un départ au hasard d’une couleur posée dans l’arbitraire, ne recouvrant que partiellement la toile et c’est ce qui apparaît qui oriente la création.
“Je pars de là, sans que la couleur de départ se retrouve forcément dans l’oeuvre achevée, en allant toujours plus loin qu’une réussite immédiate, qu’une beauté trop vite atteinte. J’aime quand le “truc” parle de lui-même, sans avoir besoin de l’expliciter”.
Le ressort intime de Charlotte Callens, ce sont ses contradictions intérieures entre le besoin de placer sur la toile beaucoup de matière, de mélanger plusieurs techniques, gouache, acrylique, pigments, colle, de surcharger et le besoin d’enlever, d’épurer. “J’admire les peintres qui savent laisser du blanc. Je n’y parviens pas encore. Moi, je pars d’un trop-plein et je vais ensuite constamment vers un allégement, jusqu’à m’en tenir à l’essentiel. “Ses compositions marient des formes géométriques, rassurantes par leur assise, avec des formes plus libres davantage dues au hasard, mais l’essentiel reste toujours l’épure, la recherche, le voyage”.
Son exposition de treize toiles, à voir à l’auberge de Clermont (04 50 69 40 36) jusqu’au 11 juillet.
Rencontre-échange avec l’artiste le vendredi 9 juillet, à partir de 18 heures.